En voyage sur les routes de l'Europe et de l'Asie

Un premier pas en Iran

Notre dernière nuit en Turquie sera mémorable... Après une dernière journée à Van pour gérer les dernières choses avant de quitter la Turquie comme changement des pneus avants, achats de nourriture turque favorite que nous ne retrouverons pas en Iran... nous quittons la ville dans la pénombre. Nous trouvons un bivouac à 30 km de Van et 80 km de la frontière dans un petit village où les touristes n’ont pas laissé de trace. Un couple vient même toquer à notre porte vers 20h30 pour savoir si nous allons bien et si nous n’avions besoin de rien. Qu'ils sont adorables ces turcs ! La nuit est froide au point qu’on se réveille sans chauffage car la bouteille de gaz à gelé ! Et comme je m’en doutais, au moment d’ouvrir le robinet pour prendre le thé, évidemment l’eau est gelée aussi. Heureusement on avait rempli un bidon de 5L la veille. On prend la route vers l’Iran tout excité de découvrir un nouveau pays. Quelques kilomètres plus tard, on entend un drôle de bruit au niveau de la roue avant droite. On s’arrête et... surprise ! On a un gros boulon planté dans le pneu tout neuf qui n’a même pas 24H !!!!! La journée s’annonce bien... 

Changement du pneu en 4-6-2, on peut reprendre notre route. 

Arrivés à la frontière turque, on me demande de descendre du véhicule avec les enfants pour passer les postes de contrôle à pied tandis que Gaëtan passe seul dans le camping-car. Premier passage, les enfants font leur effet : « Hey ! What’s your name ? How old are you ? Where do you come from ? » Et mes p’tits choux qui répondent en anglais du tac au tac, sans me regarder, sûr d’eux. J’adore !

Un grand tunnel vitré nous amène au 2ème point de contrôle, où ils vérifient que les douaniers du 1er contrôle ont bien tamponné nos passeports... et un 2ème tunnel vitré nous amène dehors où nous devons retrouver Gaëtan et le camping-car. Nous l’attendrons une dizaine de minutes qui sont passées très vite à échanger avec la police turque aux portes de la frontière iranienne. Ils me questionnent pourquoi nous allons en Iran. Quand je leur explique qu’on fait un grand voyage jusqu’en Asie du Sud est, ils sont contemplatifs... ils nous offrent de l’eau et du lait-fraise pour les enfants. Ils me préviennent aussi qu’il est temps pour moi de me couvrir avec un voile. Et oui, en Iran, même les occidentales, dès 9 ans, doivent se couvrir la tête. Je le quitterai dans 1 mois 1/2 en sortant du pays. 

La frontière côté Iran est... disons... plus... rudimentaire. On a les pieds dans la gadoue ! Gaëtan passe de bureau en bureau avec les passeports et le carnet de passage en douane (CPD), exigé en Iran. C’est un passeport pour véhicule. Si tu entres avec un véhicule, tu sors avec ce même véhicule. Et pour avoir ce CPD, nous avons déposé une caution avant de quitter la France de la valeur du camping-car. 

On passe même dans un pseudo cabinet médical, on ne sait pas trop pourquoi. Le médecin ne nous a trop rien demandé, à part si nous allions bien et il a juste écrit nos noms et numéros de passeport sur une fiche. Nous quittons le poste frontière au bout d’1h30 après une inspection très légère du camion. Youhou ! A nous l’Iran ! Les décors changent directs. On traverse des gorges rouges.

Les Iraniens ont la réputation de ne pas conduire très bien. Ils nous font la démonstration dès les premiers kilomètres. Autant les stops ne servaient pas à grand chose dans les autres pays traversés auparavant mais ici même les feux sont apparemment  ignorés. Maintenant, on va se familiariser avec un nouveau peuple, une nouvelle langue, une nouvelle écriture (quoique ça je pense qu’à la fin de notre séjour on n’y comprendra toujours rien), une nouvelle monnaie (1€ = 150 000 rials). D’ailleurs, nous avons fait notre premier plein de gasoil (45L) pour 280 000 rials. Je vous laisse faire le calcul !

Arrivés à Tabriz, première rencontre, Reza, ancien professeur d’anglais. Il nous propose de nous faire visiter la ville, ce que nous acceptons bien volontiers. On entend souvent parler de l’hospitalité iranienne du coup on se dit que c’est un gentil iranien qui nous propose ses services. 

La Citadelle : en grande partie détruite par un tremblement de terre, il reste néanmoins un imposant bastion de 40m de haut soutenu par 2 gros piliers de 10m de large.

 

Le Bazar : véritable ville dans la ville, ce bazar est le plus grand de l’Iran avec ses 36km de ruelles sur 75 hectares. Il est classé patrimoine mondial de l’UNESCO. 33 caravansérails sont attenants au bazar. 

Comme chaque grand bazar, tout est organisé par quartiers : les bijoux, les vêtements, les épices, les tapis... d’ailleurs nous avons particulièrement apprécié notre passage dans ce dernier. 

Après quelques heures de balades, et quelques échanges par messages avec la famille française les Mollalpagas, rencontrée en Cappadoce, nous comprenons vite que Reza est en fait un guide et qu’il nous demandera de l’argent à la fin de la journée… Super la première rencontre ! Du coup on n’attend pas la fin de la journée pour négocier un prix à peu près correct ce qui ne changera pas nos relations. Gaëtan l’avait vu venir mais moi, naïve, j’étais loin de penser à ça ! 

Le lendemain, nous continuons la visite de Tabriz mais sans Reza.  

 

La mosquée Bleue. Homonyme de celle d’Istanbul, elle n’en est pas moins différente. De l’extérieur, nous ne comprenions pas vraiment pourquoi elle s’appelle mosquée bleue, mais en entrant à l’intérieur nous apprécions ses décors en céramique émaillée… bleue !

 

Dommage qu’un tremblement de terre en 1727 ait endommagé une majeure partie de ces décors.

Avant de quitter Tabriz, on fait une petite halte pour recharger notre bouteille de gaz : 13 kg = 0,50 € et réparer notre pneu précédemment crevé : 0,80 €. Depuis les 3 dernières années, le rial iranien a perdu énormément de sa valeur, ce qui explique que, nous les occidentaux, ayons un très fort pouvoir d’achat ici. 

Une fois la réparation faite, nous reprenons la route mais un drôle de bruit nous oblige à nous arrêter sur le côté. Gaëtan descend et regarde. Verdict : ils ont bien remis la roue et les boulons mais ne les avaient pas serrés ! Si nous faisions encore quelques 500 m nous aurions perdu la roue ! Aaaaaah... ils sont drôles ces iraniens 😊

 

Direction Téhéran, où nous devons déposer nos demandes de visas pour le Turkménistan. En prenant la route de la soie, nous ne nous facilitons pas les choses côté administratif... mais c’est le jeu !

Sur la route, nous faisons une halte à Soltaniyeh, qui signifie « Cité des sultans » où trône un immense mausolée célèbre pour son très grand dôme bleu. 

Téhéran : nous avons passé 2 jours chez une famille iranienne : Shabnam, une incroyable femme au cœur énorme...  son mari Ali et leurs 2 garçons Mani et Nima. Nous avons passé de très bons moments en leur compagnie ! Et les garçons continuent leur apprentissage de l´anglais en jouant avec d’autres enfants.

Shabnam nous a fait découvrir son quartier : nous sommes allés dans un bazar où une équipe de chaîne de télévision iranienne nous a interviewés pour connaître notre ressenti sur l’Iran... et tout ça en anglais bien sûr 😊

Nous leur avons cuisiné un dîner français. Au menu « quiche ! ». C’est une recette simple que je peux faire et adapter dans tous les pays. 

Après avoir demandé nos visas pour le Turkménistan, nous quittons la capitale et prenons la direction du sud. Le réseau routier est pour le moment très bon, puisque nous prenons les autoroutes que nous ne payons pas ! Lorsque nous arrivons au poste de péage, ils nous demandent d’où on vient et lorsque que nous leur répondons France ils nous lancent un « you’re Welcome » ou un « you are guest ». C’est énorme !

Il commence à y avoir beaucoup de monde sur les routes car c’est Nowrouz. Les iraniens fêtent la nouvelle année le jour du printemps. C’est comme un peu Noël chez nous. Tout le pays est au ralenti durant cette période car il s’agit des deux uniques semaines de congés payés des iraniens. Les voitures nous doublent en nous klaxonnant et en nous faisant de grands coucous ! Nous sommes une réelle attraction ! 

Nous nous arrêtons à Kashan, petite oasis aux portes du désert Dasht-e Kavir. Nous visitons les maisons historiques et un ancien hammam. 

Maison Borudjerdi
Hammam Soltan Amir Ahmad

Nous visitons notre première mosquée iranienne, coup de cœur, à Aran et Bidgol 

C’est que le début en Iran et déjà on s’y sent bien accueilli. En effet, les iraniens sont d’une extrême gentillesse et bienveillance. Mais ça nous en reparlerons dans un très prochain article 😉 

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dufour bernard 21/03/2020 11:51

Nous avons rencontré cette super famille lors d'un séjour en Iran l'année dernière. Nous aimerions bien reprendre contact d'autant que nous habitons la même région en France.
Ce serait un grand plaisir de vous revoir!
Bernard et Jocelyne

Linda et Gaëtan 22/03/2020 02:31

Bonjour Bernard et Jocelyne !
Ce petit message nous fait bien plaisir ! Et ce sera avec grand plaisir de vous revoir en France. Nous rentrons demain (le 23 mars). J'ai toujours ton numéro de téléphone Jocelyne ;-), on ne manquera pas de vous contacter après notre retour. A bientôt donc...
Linda, Gaëtan, Tilio et Mali