En voyage sur les routes de l'Europe et de l'Asie

L'Ouzbékistan ou comment se la couler douce...

Après avoir passé la frontière Turkmène - Ouzbek, nous nous arrêtons à Ourgench, ville sans attraits, juste pour faire du change (1€=9330 soum) et acheter une carte SIM. On se balade dans le bazar, histoire de s’imprégner un peu de la culture Ouzbek et faire quelques courses.

Nous filons directement à Khiva : une petite ville oasis historique, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle était une étape importante sur la route de la soie. De nombreux caravansérails sont encore visibles dans la vieille ville.

La vieille ville aux airs des Mille et une nuits

Puis, nous rejoignons Boukhara. Une belle autoroute a été faite mais ils ont oublié de la terminer... les derniers 100 km sont épouvantables ! Pire qu’au Turkménistan ! Le pays, qui vient de changer de politique, veut développer le tourisme. Et bien va falloir commencer par refaire les routes ! Il est parfois plus agréables de rouler sur la piste à côté que sur l’asphalte déformé et défoncé.

Arrivé à Boukhara, on se pose sur un grand parking au pied de la mosquée... on y retrouve Val et Luc arrivés la veille. On est toujours sur la même route avec le même timing. On retrouve également Karlos, un Espagnol que nous avions rencontré au consulat du Turkménistan de Mashad en Iran. C’est l’effervescence autour de nous. Il y a beaucoup de monde, des vendeurs ambulants avec des petits pains disposés dans des landaus, des samoussas à la viande ou plutôt au gras de viande !
Samoussa au gras de viande

Boukhara : En se baladant on tombe sur un parc de fête foraine comme il y en a beaucoup ici. En fait, chaque ville a sa fête foraine permanente. Bien entendu, Les enfants nous supplient pour y aller. Depuis la Grèce, on voit très souvent des grandes roues. Mais l’état des manèges nous refroidie parfois...

Celle-ci a l’air correcte, on se laisse tenter ! Je ne pensais pas avoir le vertige... disons qu’avant je ne l’avais pas... ça a été un calvaire pour moi. A moitié couchée dans la nacelle je suppliais le temps d’aller plus vite ! Je remercie Gaëtan de ne pas avoir pris de photo de moi pendant ce moment... en vrai il m’a filmé mais comme c’est moi qui gère le blog, je montre ce que je veux 😊

La ville est juste magnifique.

Mais comment dire ? En fait, on en a marre des mosquées... marre de la ville. C’est frustrant pour nous d’être là, et de ne pas réussir à apprécier à sa juste valeur. De plus, ici, nous sommes en pleine saison touristique ce qui n’était pas le cas depuis le début du voyage. Il faut négocier tous les prix voir ne rien acheter car les prix sont trop élevés ! Il y a juste à sortir des villes touristiques pour s’en rendre compte. On veut de la nature, du calme.

On trouve un lac à 40 km de Boukhara. Sur la route, nous nous arrêtons pour faire le plein. Ça aussi ce n’est pas évident ici ! Si les stations ont du diesel (ce qui n’est pas toujours le cas) ils ne veulent pas toujours nous en vendre prétextant qu’ils n’en n’ont plus. Mais un gentil Ouzbek, David, vient à notre secours. Et là comme par magie, il y a du diesel ! Trop fort ! David et sa femme Mansoura, tiennent le café juste à côté. Ils nous invitent à boire le thé.

David, très intéressé par le camping-car demande à Gaëtan s’il peut le conduire. Les voilà partis faire un tour. David, très fière, klaxonnait dès qu’il croisait du monde qu’il connaissait. Il est allé jusque chez lui. Gaëtan a pu faire la rencontre de ses parents. A peine arrivé, ils ont dressé un plateau avec thé, charcuterie, pain... alors qu’on venait juste de manger.

Arrivés au lac, les enfants sont ravis de pouvoir jouer tranquille en pleine air et faire des tours de canoë. On est au calme et c’est parfait ! Le coucher du soleil est juste magique.
Photo de Val

Nous sommes seuls au monde ! Enfin pas tout à fait... à la nuit tombée, nous croisons quelques petits scorpions. J'en ai même trouvé un dans le marche pied du camion le lendemain !

photo de Val

On profite vraiment de ces 2 journées pour se poser. Et ce, toujours en compagnie de nos acolytes Les Lavcul* et Karlos.

En Ouzbékistan, il y a 3 villes touristiques : Khiva, Boukhara et Samarcande. Nous n’avons pas fait de détour pour les atteindre, elles se trouvaient toutes sur notre chemin.
Samarcande : cité légendaire qu'on associe forcément à la route de la soie.

C'est d'ailleurs à Samarcande qu'on aura mangé le plus de mûres blanches. Ces mûres ne proviennent pas d'un roncier mais d'un arbre qu'on appelle "mûrier". Le ver Bombyx ou ver à soie, se nourrit des feuilles du mûrier blanc ce qui ferait que la soie serait de meilleure qualité. Pour la petite histoire de la découverte du fil de soie : un cocon de ver à soie serait tombé dans la tasse de thé de l’impératrice Leizu. Voulant l'extraire de sa boisson, la jeune fille de quatorze ans aurait commencé à dérouler le fil du cocon. Elle aurait alors eu l’idée de le tisser. Ayant ensuite observé la vie du bombyx du mûrier sur recommandation de son mari, l'Empereur Jaune Huangdi, elle aurait commencé à enseigner à son entourage l'art de son élevage, la sériciculture. Depuis, la jeune femme reste dans la mythologie chinoise comme déesse de la soie. La soie aurait ensuite quitté la Chine vers l'Inde dans la chevelure d’une princesse promise à un prince de Khotan. Cette dernière, refusant de se priver de l’étoffe qu'elle adorait, aurait enfreint l'interdiction impériale d’exportation de vers à soie. Source : Wikipédia 

Là encore, on trouve un endroit au pied des principaux monuments. Le spot est top, sous les arbres, ce qui n’est pas négligeables avec ces températures à 35 degrés.
photo de Karlos

A Tashkent, la capitale, nous y passerons juste pour tenter de demander nos visas Chinois. Mais malheureusement, nous ne pouvons pas les faire dans toute l'Asie Centrale. Les ambassades ne les délivrant qu'aux ressortissants chinois. Et bien ça attendra Oulan Bator (Mongolie) ! Après le refus de l'ambassade, avec Gaëtan on décide de faire plaisir aux enfants en trouvant un parc aquatique, mais pas de chance il est fermé ! On se rabat sur un parc d'attraction. Et comme c'est une journée de m... on accumule les m... En se garant devant le parc, Gaëtan met la roue avant droite dans un gros trou. L'amortisseur est posé sur la chaussée. Il faudra 6 hommes pour soulever l'avant du camion et reculer le camion.

Au parc, les enfants profitent des "rares" manèges d'ouvert... Quand je dis que c'est une journée de m... On décide de quitter la ville pour profiter encore en mode "détente et farniente" au bord d'un autre lac au sud de Tashkent avant de quitter le pays.

photo de Val

Pour faire un petit bilan court et rapide sur le pays : Après la langue ouzbek, c’est le russe qui est le plus parlé. Ça devient de plus en plus compliqué de communiquer avec les gens. Et là, mes ancien(ne)s collègues seront ravis, notre super "Gépalémo" est souvent sorti 😊. C'est un petit carnet avec plein de dessins. Par exemple, tu cherches le marché aux légumes, tu montres le dessins de légumes à quelqu'un et il te montre la direction. Simple et efficace, on adore !

On a eu pas mal de retour de voyageurs sur la mauvaise conduite iranienne (qui pour nous n’était pas pire que ça). Et la conduite ouzbek ? Personne n’en parle ? Ils klaxonnent tout le temps, font des accélérations dangereuses, des queues de poissons... et tout ça sur des routes pourries ! L'horreur ! On a hâte de sortir du pays, on veut du vert, des montagnes... 2 semaines après notre entrée en Ouzbékistan on met le cap vers le Kirghizistan. Mais il faudra passer par le Kazakhstan... donc 2 frontières... on n'est pas fan, mais pas le choix !

Pour la petite histoire du passage de la frontière : nos amis Val et Luc sont arrivés à la frontière avant nous (nous étions au resto, invités par un Ouzbek 😊). Ils nous envoient des messages nous disant qu'on leur refuse la sortie du pays car ils n'ont pas fait d'enregistrements. Oui parce qu'en Ouzbékistan, même si tu voyages en camping-car, tu dois aller t'enregistrer dans des hôtels, pour "te suivre" et donc savoir où tu es. Mais nous, en bons "résistants" et bien on ne l'a pas fait ! Ce qu'on encours ? Une amende de 500€ par personne ! Et le stress monte ! On attend le retour de Val et Luc à Tashkent (15km de la frontière). Après quelques discussions, on part ensemble s'enregistrer dans un hôtel. Ça nous a coûté la modique somme de 1€ par adulte ! Le prix comprend donc l'enregistrement et le droit de se stationner sur leur parking. La réceptionniste glisse un ticket dans nos passeports, attestant que nous sommes enregistré pour la nuit. Bref... la nuit est agitée et entrecoupée car nous décidons d'essayer de passer à notre tour le lendemain avec notre "seul et unique" ticket d'enregistrement.

Arrivés à la frontière la boule au ventre, je descends avec les enfants pour passer à pied et Gaëtan, comme d'habitude, seul avec le camping-car. Ça prend 5 minutes pour nous : je regarde à peine l'officier qui a mon passeport dans ses mains. Il récupère le ticket et tamponne mon passeport. Ouf ! C'est passé ! Et pour Gaëtan, après les traditionnels procédures, il aura également son tampon de sortie. On envoie des messages aux copains qui retenteront le passage 1h après nous. Et ça marche pour eux aussi ! La soirée promet d'être détendue et "festive"😊. Côté Kazak, les procédures sont plus rapides. Nous sommes au Kazakhstan pour parcourir 500 km avant d'entrer au Kirghizistan. Les décors changent, c'est montagneux et vert, tout ce qu'on voulait !

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Lili 30/05/2019 14:21

Profitez les amis et soyez prudents bisous