En voyage sur les routes de l'Europe et de l'Asie

Transit au Turkménistan

Ça fait toujours bizarre quand on change de pays. C'est une drôle de sensation : un mélange de tristesse, de peur, d'excitation... Nous quittons l’Iran avec un petit pincement au cœur... nous perdons un peuple des plus accueillants de la planète, mais aussi des repères acquis depuis ces 47 derniers jours. Nous arrivons devant le poste de frontière vers 10h, accompagnés de nos amis les Mollalpagas et Val et Luc.

Nous sommes vendredi, c’est comme le dimanche chez nous. Ça a l’air calme... 1er Checkpoint côté Iran, ils vérifient juste le carnet de passage en douane (CPD) et le passeport du conducteur, sans rien tamponner. 2ème contrôle : ils tamponnent les passeports. Nous ne devons pas quitter le territoire iranien sans avoir fait tamponner le CPD, nous ne récupérerions pas notre "grosse" caution laissée avant de partir... 3ème contrôle dans un grand bâtiment qui parait vide : c’est ici qu’ils tamponnent le CPD. On remonte tous dans le camion, on peut maintenant quitter le pays. Nous nous arrêtons devant la grille qui sépare l’Iran du Turkménistan. 4ème et dernier Check des passeports. Un militaire monte à l’arrière pour regarder succinctement le camping-car. On nous ouvre la grille, ça y’ est nous sommes au Turkménistan. Je peux enfin quitter le voile ! En descendant du camion, je nargue Val qui est encore derrière la grille côté Iran 😉.

Et c’est reparti pour des formalités administratives longues et... coûteuses...  Premier contact avec la population locale : les femmes portent des turbans colorés, les visages ont changées. C’est incroyable que derrière une montagne les peuples soient aussi différents.

Après enregistrement de nos passeports, ils prennent nos empreintes et nous prennent en photo. On nous demande également 29$. Je rappelle que nous avons déjà payé, pour nos visas, 160$. Gaëtan, Sylvain et Luc sont renvoyés vers les camions pour passer une série de contrôles. Pour nous (femmes et enfants), après un dernier Check des passeports, c’est terminée. Nous attendons dans un hall au chaud, où nous regardons la neige tomber. La frontière se situe sur un col de montagne.

Pour Gaëtan, c’est moins rapide. Il commence par un RDV avec 2 officiers d’état qui lui annoncent une liste de frais : une assurance (on apprendra plus tard qu’il n’y a pas d’assurance au Turkménistan...), une taxe sur l’émission de CO2, une taxe pour désinfection des roues (qui ne sera même pas effectuée), une taxe pour la remise d’un mouchard GPS (oui on n'a pas le droit de s'écarter de notre itinéraire préalablement fourni) et d’autres frais non justifiés : et tout ça pour la modique somme de 181$ ! Les gars ont bien essayé de négocier mais on leur répond que c’est le chef d’état qui décide et que s’ils ne veulent pas payer ils peuvent retourner en Iran. Pour un pays où nous ne pouvons pas passer plus de 5 jours, ça commence à faire très cher ! Ensuite il faut aller payer dans un nouveau bureau. Ici les agents sont mono tâche ! Une fois payé, il faut aller dans un autre bureau donner le reçu. Un pourboire leur sera demandé mais ils ont « poliment » décliné la proposition 😉 Pour finir, 2 gradés enregistrent et contrôlent le dossier, tamponnent et signent. Enfin, dernier contrôle du véhicule où ils regarderont uniquement les photos de la famille et amis accrochées sur nos placards. Nous avons pour consigne de ne prendre aucune photo sur toute la zone militaire que nous allons traverser sur une dizaine de kilomètres. Bon, je n'ai pas pu m'empêcher...

Après une descente au milieu des montagnes verdoyantes, nous arrivons à Achgabat, capitale du Turkménistan. Le contraste avec l'Iran est radical : la ville est toute blanche car tous ses bâtiments sont fait en marbre. Les voitures, quasiment toutes blanches aussi, roulent sur leur voie, bien rangées. Il n'y a pas un papier par terre, les gens marchent à la même allure... Ça sent la dictature à plein nez !

On fait du change au marché noir qui est bien plus avantageux que le taux officiel. 1€ = 4 manats mais on en a eu 17 ! Le coût de la vie est donc dérisoire pour nous (comme en Iran). On visite le marché russe où tout est super clean, rien ne dépasse. Pareil ici, on ne peut pas prendre de photos, en fait on n'a pas le droit ! Interdiction de fumer dans la rue, hein Val ! 😉 On fait quelques provisions pour la traversée du pays. L'alcool n'est pas interdit mais est "caché". C'est donc dans le sous-sol du marché qu'on appréciera une bonne bière fraîche (ou plusieurs...)

Après ce mois et demi passé en Iran, ça nous avait TOUS manqué !

Pour sortir de la ville, la route est nickel. Puis, une 2X2 voies en plus ou moins bon état nous conduit à notre premier bivouac. Nous nous arrêtons au cratère de feu (de Darvaza), en plein milieu du désert de Karakoum.

Les premières yourtes !!

Ce cratère brûle depuis 40 ans. Des scientifiques ont foré à cet endroit pour prospecter mais ils sont tombés sur une poche de gaz.  Ils y ont mis le feu pensant que le gaz brulerait rapidement et ainsi éviter une trop grand pollution...mais 40 ans plus tard, ça brûle toujours !

A la nuit tombée, on s'extasie devant ce spectacle de feu mais comment ne pas rester insensible à cette catastrophe écologique !

On a quand même passé une bien bonne soirée... bien arrosée... Mémorable pour la plupart d'entre nous mais peut être pas pour tout le monde 😉 Non, je ne balancerai pas de nom ! Et malgré ma tête "fraîche comme les blés" ce n'est pas moi 😊😊

Le lendemain matin, il faut s'activer pour repartir vite car on nous a prévenu que cette 2ème portion de route est en très mauvais état. Nous rejoignons la route principale par une piste sablonneuse de 7km. Gaëtan, perché sur le toit, s'amuse à prendre les camions en photos.

Et effectivement, lorsque nous retrouvons l'asphalte, cette dernière est en piteux état. On se demande même pourquoi ils laissent une route comme ça ! Peut être pour empêcher les gens de circuler dans leur pays ? C'est très fatigant. Il faut être concentré et attentif au moindre trou. On ne peut même plus appeler ça des nids de poules mais plutôt d'autruches !  Après la pause déjeuner, Gaëtan me laisse le volant et part en vélo sur 25km. Il roulait à la même vitesse que nous !

Nous traversons un grand désert où nous rencontrerons quelques dromadaires, vaches, tortues et gros lézards.

185 km en 6h... on est exténué ! Dernier bivouac tous les 3 car demain Les Mollalpagas ne prennent pas la même route que nous. Ils ont choisi une autre frontière plus au nord. Le lendemain, nous faisons les derniers 110km en 2 bonnes heures. Ouf ! Du coup, on arrive plus tôt que prévu, on trouve un petit parc parfait pour se poser, on en profite pour faire des lessives pendant que les garçons s'éclatent sur un château gonflable. Gaëtan passe un peu de temps avec des jeunes étudiants.

Vous remarquerez qu'ici l'uniforme c'est costard-cravate !

5ème et dernier jour de visa, il faut quitter le pays. Le passage de frontière se fait plutôt bien. Nous passons à pied la frontière turkmène et celle de l'Ouzbékistan, pendant que Gaëtan et Luc passent avec les véhicules. Pas de fouilles, rien. En moins de 3h, nous sommes en Ouzbékistan et contents de quitter ces routes pourries (parce qu'on ne savait pas encore que les routes Ouzbek sont aussi désastreuses !).

Nous sommes à 8 mois et demi de voyage, 21 000km, 8 pays visités. Nous sommes bien dans notre camping car, surtout depuis que le beau temps est avec nous ! Cette petite vie de nomade nous va bien. Mais nous ressentons comme une envie de "vacances" dans ce voyage. Envie de se poser dans un coin de nature et ne plus bouger. Juste profiter. Nous venons d'arriver en Ouzbékistan.

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