En voyage sur les routes de l'Europe et de l'Asie

Le Kirghizistan #1, tu connais ?

Le Kirghizistan... avant ce voyage, nous n'avions jamais entendu parler de ce pays ! Il est petit avec ses 200 000 Km2 et ses 5,6 millions d'habitants. Il est entouré par la Chine, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan.
Pour y entrer, nous devons d'abord passer par le Kazakhstan. Les 500 km effectués sont plutôt agréables, compte tenu l'état des routes des 2 autres pays précédents : 2×2 voies en très bon état tout le long. Le seul désagrément aura été qu’on se sera fait arrêter par la police parce que soi-disant nous roulions trop vite. De plus, nous n’avions pas d’assurance alors que c’est obligatoire au Kazakhstan. Nous avions jugé que pour 2 petites journées ce n’était pas nécessaire... Bref, on cumule. Mais ici, la corruption est de mise. Du coup, Gaëtan ne se démonte pas et certifie que nous n’avons pas d’argent Kazakh (les Tenge) car nous allons direct au Kirghizistan et c’est pour cette raison aussi que nous n’avons pas pris d’assurance. Le policier baisse l’amende mais Gaët résiste, il ne cède pas. Le policier finira par le laisser partir après 3/4 d'heure de négociation et sans que nous lâchions un sou !
Le passage de frontière se fait tranquillement. Nous retrouvons la joie de la conduite sur route pourrie. Ça ne nous avait pas manqué ! La route qui rejoint la capitale est en plein travaux et étrangement ce sont les Chinois qui refont cet axe ! Même les machines sont immatriculées en Chine. Nous apprendrons plus tard que cette dernière refait les routes des pays frontaliers. Sûrement encore pour des intérêts économiques...
Arrivés à Bishkek, on trouve un bivouac en plein centre, dans un parc proche de l’ambassade de Mongolie. Malgré les traces de son passé Soviétique et d'une architecture très  austère , la capitale nous paraît agréable à vivre. Il y a des parcs verdoyants partout avec de grands arbres. 
Le lendemain, nous déposons nos demandes de visas pour la Mongolie. Nous les récupérerons 3 jours après. En attendant, on met le cap vers les montagnes les plus proches de Bishkek. Le parc national Ala Archa. A l’entrée du parc, le garde nous demande 1000 som soit à peine 13€. C’est un droit d’entrée que nous ne sommes pas contre payer mais le gardien nous impose le tarif bus. On n’est pas un bus ! Gaëtan lui montre la carte grise pour lui prouver que nous ne faisons pas plus de 3,5T. Bon ça c’est juste sur le papier, hein ! Parce que en vrai...
Au bout du compte on payera que 500 som. C’est mieux ! Nous longeons une rivière sur une dizaine de kilomètres puis la route s’arrête. C’est le point de départ pour des randonnées. Ça tombe bien ! On est venu pour ça ! Dès le matin, le soleil nous accompagne pour cette ascension qui nous attend. Nous voulons aller voir une cascade qui n’est qu’à 4km du point de départ mais avec 670m de dénivelé positif. On s’équipe, on prépare un pique-nique et c’est parti ! Et dès les premiers mètres, ça grimpe ! Sur le chemin, nous verrons seulement un petit écureuil et quelques aigles. Ils font trop de bruit nos enfants ! On s’émerveille devant ces montagnes vertes encore un peu enneigées. Le paysage est sublime.

Arrivés à la "petite" cascade au bout de 3h de marche (plutôt de grimpe), on est content d’avoir réussi cette belle ascension ! Les 4 km de descente, vont plus vite. 2h plus tard nous arrivons au camping car, éreintés. Enfin pas tout le monde... Mali nous demande de descendre son vélo car il a envie d’en faire. Il nous épuise ! Il aura fait 4 km de plus en vélo jusqu’au bivouac.

Retour à Bishkek pour récupérer nos visas pour la Mongolie et demander les visas russes. Administration, quand tu nous tiens ! Il fait chaud en ville, on passe devant des fontaines où des enfants se baignent. Tilio et Mali enfilent leur maillot et font de même. On leur explique qu'une fois rentrés en France, ce ne sera plus possible... Et je vous assure qu'ils se sont bien éclatés!

On profite également d’être en ville pour faire les derniers cadeaux pour les anniversaires des garçons qui arrivent à grands pas et se faire un bon resto "Sushi". Luc, Val ainsi que Nico et Léna (des P'tits Suisses bien sympas) participent aussi à cette découverte culinaire.  Nous ne connaissions pas les VRAIS Sushis... mais en fait, quand c'est bon, c'est super bon !!!

On re-quitte Bishkek pour retourner dans les montagnes mais dans une autre vallée appelée Issyk ata. Sur la route nous faisons une halte pour prendre du gasoil. Lorsque Gaëtan revient au camion après avoir payé, il me dit qu’il n’a pas pu régler en carte bleue car ça n’a pas fonctionné. Je ne comprend pas et demande plus de détails sur la transaction. Il m’explique qu’il a tenté 3 fois le code mais en vain. Il a donc pris la 2ème carte bleue, 3 fois le code, idem (après avoir essayé sur différents terminaux à peine fonctionnels et aussi parce que nous n'avions pas utilisé nos cartes depuis 4 pays). Ça c'est Gaëtan qui a rajouté cette phrase pour se "dédouaner" 😉. Je panique car je comprend qu’il a tout bonnement bloqué les cartes. Sûr de lui, il me dit que non et me donne les codes qu’il a fait. Bingo il a inversé les chiffres pour les 2 cartes !!! Super ! On est au fin fond du Kirghizistan sans carte bleue ! On relativise et surtout on ne veut pas gâcher la journée : Tilio fête ses 10 ans. Arrivés à Issyk Ata, nous rejoignons Luc et Val, a qui nous racontons nos péripéties. En bons copains, ils nous proposent tout de suite de nous prêter du liquide. La banque nous renvoie des nouvelles cartes à l’ambassade de France d’Almaty au Kazakhstan. Il fait un temps exécrable. Tilio souffle ses bougies et on fait ciné dans le camping-car tout l’après midi !

Le lendemain, nous faisons une petite rando dans la vallée. Cet air pur nous ressource ! On voit : des chevaux, des vaches, des moutons et aussi des yourtes !

Et oui ! Comme en Mongolie, les Kirghizes sont restés nomades. L’été, ils emmènent leurs animaux en pâture dans les montagnes.

Les garçons iront faire un petit plouf dans un genre de bassin alimenté par une source d'eau chaude naturelle, un vrai nid à bactéries : pas vraiment une baignade de rêve.

Nous reprenons la route pour se rendre au lac de Song Kul. Ce lac est situé sur un plateau à 3100m d’altitude. Espérons qu’il n’y ait pas trop de neige... la route, correcte, est magnifique. Ayant pris la route tard dans l’après midi, nous nous arrêtons pour dormir au dessus d’un réservoir. La vue est superbe.

Le terrain est bien en pente et nos cales sont ridiculement petites. Quelques gros cailloux feront mieux l’affaire...

Pour aller au lac, nous quittons la « belle route asphaltée » pour emprunter une piste. Le GPS nous indique 68km jusqu’au lac. Et bien ça promet d’être long ! Nous nous aventurons au travers d’un décor magique. Des montagnes, des plaines, des animaux, des yourtes... nous sommes en pleine période de transhumance nous apercevons donc de nombreux troupeaux : chevaux, vaches, yacks... les garçons se croyaient dans Yakari ! Nous croisons également des camions chargés de yourtes qui partent installer leur campement. Ça démange Gaëtan de participer à un montage...

La route ou plutôt la piste continue et se dresse devant nous avec une quantité de lacets à faire tourner la tête. Au fur et à mesure de l’ascension, la piste très pentue se dégrade de plus en plus. On se demande même si le camion pourra atteindre le col qui culmine à 3150m... sur un passage très accidenté, le camion peine à monter : une fumée noire sort de l’échappement. Gaëtan aura sa première grosse frayeur. Il arrive à passer, de justesse, entre une grosse ornière et le ravin... ouf. On se pose sur le bas côté pour réfléchir à la suite de l’ascension. Oui, on hésite à continuer ou rebrousser chemin. Il ne reste que quelques kilomètres avant d’atteindre le col. Un gros camion type chasse neige descend la montagne. Mais ?!?! On dirait qu’ils refont la piste ! Effectivement, ils rebouchent les trous ! Et en plus, où nous sommes garés, on les gêne. Du coup ils nous demandent de bouger et nous font signe de monter et que la piste est bonne car ils l’ont refaite. C’est reparti pour l’ascension vertigineuse et ses lacets. Ça reste de la piste mais c’est vraiment mieux ! Et quel KIFFE arrivé la haut... une vue imprenable sur les 32 lacets que nous venons d’emprunter et sur les montagnes environnantes. C’est tout simplement féerique.

Il reste une vingtaine de kilomètres avant d’atteindre le lac. La piste, maintenant, s’apparente à de la tôle ondulée. C’est affreux ! On ne pas pas rouler à plus de 20km/h. Du coup, Titi en profite pour faire ses premières minutes de conduite !

L’aménagement du camion subit. Tout tremble. Le meuble de la salle de bain ne tenait plus qu’avec 2 vis... Nous avons fait une belle approche de ce qui nous attend en Mongolie. C’est bon, on est prêt ! Nous tentons de nous approcher au maximum du lac mais au bout du compte 7 km nous sépare. On a pourtant l’impression d’être tout proche... le terrain trop spongieux nous empêche de nous rapprocher plus. Mais nous trouvons un petit coin de paradis au milieu de la steppe, au bord d'une rivière, avec pour seul compagnie quelques vaches et chevaux. Pas de réseau, pas de bruit, pas de lumière... sans doute notre plus beau bivouac !

Au programme de ces 2 jours : balades, jeux, repos, école, lessives (ça envoie moins du rêve...) et anniversaire ! Nous fêtons maintenant les 6 ans de Mali. Fêter son anniversaire dans un décor comme celui là, je pense qu'il s'en rappellera !

Pour le retour, nous empruntons une autre piste qui culmine à 3400m. Là il y a encore de la neige sur les bas côté avec des congères de plus de 2,50m ! C'est impressionnant de passer au milieu de toute cette neige. Imagine qu'avec la fonte ça glisse au moment de notre passage ?!! Non non non non non... Il ne faut pas penser à des choses pareilles...

Sur la descente, nous avons rencontré des centaines d'animaux toujours dans un décor super magique. je me suis mise en mode "Reporter animalier" 😉. Et quel émerveillement devant ces marmottes !

 

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guillaume 19/06/2019 09:05

Bonjour à vous 4 !
J'adore recevoir le petit qui annonce le reportage sur votre vie loin du Maine et Loire.
Je vois les enfants grandir (pas les parents !) et les merveilleux paysages.
Ici, les vacances approchent, le soleil est revenu, les pieds de tomates fleurissent, de bons moments en perspective.
Bonne route !

Guillaume