En voyage sur les routes de l'Europe et de l'Asie

La Mongolie #1 ou l'art de ne pas être pressé...

Voila 3 h qu’on attend devant la barrière pour entrer en Mongolie. Il doit y avoir un souci parce que ça ne bouge pas. On est dans le bac à « désinfection » des roues. Alors ce bac, au moment de notre passage, est ni plus ni moins une réserve d’eau boueuse.

 Le gars nous demandera quand même de l’argent, on lui donnera 30 Roubles (soit 40 cts). Après cette attente interminable, on sortira de la zone frontière au bout de 4h30. Ils n’ont pas l’air pressé malgré une énorme file d’attente derrière nous.

Ça y’est, on est y !

Et on attaque direct par de la piste ! Welcome to Mongolia

On avance tranquillement avec comme toile de fond un paysage ressemblant à la fin de la Russie, c’est-à-dire, un décor de steppe avec en plus, des yourtes.

On rencontre sur notre passage un gars à moto posté sur la route et nous faisant signe de nous arrêter. Il nous explique qu’il est en panne d’essence et qu’il habite à 10km de là. Si on le dépanne, il nous invite à boire le thé chez lui. Gaëtan sort une corde et on le remorque jusque chez lui.

Arrivé dans la yourte, je comprends très vite que cet homme veut nous inciter à la consommation : prendre une assurance par le biais de son ami, nous vendre une carte sim pour le téléphone qu’il a en quantité chez lui… et sa sœur qui est déjà en train de préparer des Buuz, plat typique Mongol. Je fais part à Gaëtan de mes doutes sur l’honnêteté de cet homme. Nous déclinons toutes ses propositions et nous retournons dans le camion. Je suis même persuadée qu’il n’était pas en panne. Ce qui sera avéré lorsqu’un autre camping-car qui passait sur la route devant chez lui se fait arrêter (à moto bien sûr 😉) et se fait inviter également. En tout cas, le lendemain, les italiens achetaient une assurance et je ne sais quoi d’autre… Sympa pour un premier contact avec la population locale !

Notre première étape se fait à Olgii. On fait comme d’habitude à chaque fois qu’on rentre dans un nouveau pays : du change et on achète une carte sim. On se balade dans la ville et palpe l’ambiance. Je ne me sens pas au top de ma forme et cette ville n’est vraiment pas très jolie… on sort de la ville pour trouver plutôt un bivouac au milieu de la steppe. La route est goudronnée et en très bon état puisqu’elle est neuve. Le décor est magique avec toute cette verdure, ces lacs aux reflets turquoise…

On s’y arrête pour pique-niquer. 2 mongols, bien alcoolisés, montent dans le camion. Ici il n’y a pas de notion de propriété, tu peux entrer chez eux sans frapper, donc ils font pareils chez nous ! Sauf qu’ils sont un peu lourds et que leur haleine n’est vraiment pas agréable… On arrive à les faire sortir après qu’ils aient réussi à embrasser Tilio et Mali. Je pense d’ailleurs qu’ils se souviendront de ce moment longtemps lol

Depuis les routes russes, j’entends un drôle de bruit dans le moteur, comme un souffle d’air. Comme nous n’avions qu’un visa de transit en Russie, nous n’avions pas voulu voir un garage là-bas car nous n’avions pas le temps. On s’est dit qu’on verrait ça à Oulan Bator. Sauf que sur une grande montée le camion se met à chauffer au point d’être obligé de s’arrêter. Gaëtan regarde mais ne voit rien. De gentils Mongols s’arrêtent et viennent nous voir. Ils pensent que c’est le thermostat.

Après 1 h de repos, le camion reprend sa température normale. On reprend la route tranquillement vers la prochaine ville Kovd. Nous pensons que le bruit anormal et la surchauffe sont liés.

On appelle notre mécano en France pour lui faire part de notre problème. Il pense à la durite du turbo qui est probablement percée. Et quand Gaëtan vérifie, bingo ! On est justement stationné devant le bazar pour les pièces auto. Après une après-midi mécanique, Gaëtan a réparé le camion ! Plus de bruit et le camping-car ne chauffera plus. (Merci Mathieu !)

On peut reprendre la route en toute sérénité. Pour le moment c'est plutôt agréable puisque la route, neuve, nous permet d'avancer convenablement. Bon, par contre, il va falloir qu'ils revoient leur méthode de construction des ponts...

Du coup, il faut emprunter la piste qui longe la route et traverser le gué. Celui-ci n'est pas gros donc ça passe tranquillou !

Comme on préfère les bivouacs "natures" aux villes, on s'arrête au beau milieu de la steppe. Un matin, 2 motos s'arrêtent et nous demandent de nous écarter de quelques mètres parce qu'il y a une course de chevaux et qu'on est en plein sur la trajectoire ! Un des gars, ayant vu l'appareil photo de Gaëtan autour de son cou, lui propose de monter sur la moto et de filmer la course.

 Ce doit être un entrainement pour la fête de Nadaam qui arrive très bientôt. Nadaam c'est la fête nationale qui célèbre l'indépendance du pays par rapport à la Chine. Il a toujours lieu entre le 10 et le 13 juillet et se compose des 3 sports nationaux : tir à l'arc, lutte mongole et course de chevaux.

Après Altai, la route goudronnée s'arrête (pour le moment car ils sont en plein chantier). Nous savons qu'il y a 150 km de piste avant de retrouver l’asphalte. La piste est sablonneuse et poussiéreuse et pas de chance, on a le vent dans le dos ! Ce qui implique que nous "mangeons" notre poussière. Elle rentre partout dans le camion ! Pour se protéger on se transforme en ninja...

A force de passer et REpasser sur ces pistes, il se forme des ondulations : on appelle ça, la "tôle ondulée". C'est super désagréable, on se fait secouer dans tous les sens et on a l'impression que le camion va se désintégrer à l'intérieur comme à l'extérieur. D'ailleurs, la capucine subit énormément et commence à s'affaisser côté conducteur... et nos amortisseurs qui étaient déjà bien fatigués sont maintenant au bout du bout ! 

Pour pallier à ces mauvaises pistes les automobilistes roulent sur les côtés formant de nouvelles pistes, ce qui parfois nous amènent à nous demander "laquelle on prend ?"

On a le temps d'observer la faune et la flore. On traverse des paysages magiques où on ne croisent que quelques camions et voitures. On croise aussi beaucoup de squelettes d'animaux au grand plaisir de Tilio qui s'éclate à les ramasser et à créer des "monstres".

Au bout des 150 km, la route goudronnée reprend. Mais surtout, il y a LE bivouac sympa qui nous attend au bord d'une rivière. Il ne pouvait pas mieux tomber ! Parce que ça fait 1 semaine qu'on est en Mongolie et qu'on ne s'est pas posé une fois, ce qui ne nous arrive jamais ! Au programme de ces 2 journées de pause : baignades, lessives, bricolages, apéros, farniente... comme un vrai week-end quoi !

La prochaine ville c'est Bayanhongor et nous souhaitions faire le Nadaam là bas. On a du mal à décoller de notre super bivouac, du coup lorsqu'on arrive c'est l'après-midi. Juste avant d'entrer dans la ville nous sommes bloqués par une course de chevaux montés par de jeunes cavaliers. En effet, ici, les enfants apprennent dès leur plus jeune âge à faire de l'équitation et non du vélo ! Ils traversent la route juste devant nous, on ne pouvait pas mieux tomber.

Juste après, nous assistons aux combats de lutte. Je ne sais pas pour quelle raison nous nous retrouvons assis au milieu des lutteurs, mais c'était une belle expérience !

Mali flashe littéralement sur leurs belles bottes. Il veut les mêmes ! Il finira par se les acheter au marché d'Oulan Bator 😉.

Une fois les combats de lutte terminés, on essaie de trouver les épreuves de Tir à l'arc. Mais à notre grande déception et surtout pour Tilio, c'est fini... elles avaient lieux le matin. On a trop trainé sur notre beau bivouac... Tilio est dégouté ! Lui qui adore ça. Le lendemain, nous allons à l'arrivée des courses de chevaux. Au final, nous avons préféré assister au début de la course lorsque les chevaux ont traversé à pleine vitesse la route. Parce qu'à l'arrivée, au bout des 20 kilomètres, les chevaux sont presque au pas, complètement exténués. On aura pu profiter de l'ambiance qui règne autour, c'est à dire une ambiance familiale et très joueuse !

Et après la course, les chevaux sont ramenés dans le camion benne, bien rangés !

Le soir, on va se caler pas très loin de la ville au bord d'une rivière. On se dit qu'être éloigné de la ville on sera épargné des personnes "alcoolisées". Déjà qu'en Mongolie il y a un fort taux d'alcoolisme alors un jour de fête... Et bien même à 4km de la ville, 2 mecs qui tenaient à peine debout, viennent toquer à la porte. Il est 23h, on est plongé dans nos livres. Ils veulent "discuter" dans un anglais laborieux. On leur explique que nos enfants dorment et que nous aussi. Un des gars se fâche. On ferme la fenêtre et là on entend du bruit à l'arrière, ils essaient d'arracher les vélos ! Gaëtan, furax, tente de les dégager. En vain. Il sort la bombe lacrymogène et crie qu'il va appeler la police. Ça, bizarrement, ça marche ! Mais ça ne me rassure pas franchement... On rencontre vraiment beaucoup d'hommes, même à 10h du mat', dans un état d'ébriété largement avancé. Mon côté hyper sensible me rattrape : ça me fend le cœur.

Nous reprenons la route vers Oulan Bator, où nous devons déposer notre demande de visa chinois et récupérer nos amis Yann et Mélissa, Tilouan et Enora qui atterrissent le 19 juillet. La route est goudronnée jusqu'à la capitale mais pleine de bosses ce sont les montagnes russes. Et en plus c'est super dangereux ! D'ailleurs, nous arrivons sur un accident qui vient tout juste de se produire. La conductrice a perdu le contrôle de sa voiture. Pas étonnant, vu l'état de la route... Les 4 passagères de la voiture sont vivantes mais il y a tout de même 2 blessées. Nous sortons le parasol pour faire de l'ombre à une des blessée et on fournira de l'eau à tout le monde. La police arrive mais ne fera rien. Nous sommes sur une ligne droite où les voitures et camions roulent à vive allure. Ils ne ralentiront même pas la circulation ! Juste bons à faire des selfies devant l'accident ! Et heureusement que personne n'est mourant parce que les secours sont arrivés au bout de 2h30. En Mongolie : faut pas être pressé !!!! Et encore moins mourant !

Avant la capitale, on fait une petite escale dans le mini désert de Gobi. C'est une dune de sable où les enfants se sont éclatés à se rouler dedans, à faire des châteaux... Je ne sais pas si c'est le décès de ma chère petite mamie survenue fin juin ou toutes ces "mésaventures" rencontrées tout au long de ces 2000km en Mongolie (surement un mix de tout), mais je ne suis pas au top de ma forme. En tout cas, ça m'a fait du bien de me poser et de me ressourcer dans cet endroit, avant d'attaquer le "gros morceau" administratif qui nous attend : LE visa Chinois.

 

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Louisette Marchand 30/08/2019 16:43

Bonjour à vous, belle aventure que vous faites.
N'avez vous pas rencontré dans votre périple les aventuriers de capdecouverte? Ce sont nos amis qui ont tout comme vous partagé de belles photos et commentaires lors de leur périple .
Merci pour vos partages et bonne suite.
Louisette